« L'homme qui veut s'instruire doit lire d'abord, et puis voyager pour rectifier ce qu'il a appris » (Giacomo Casanova)

“El hombre que quiere instruirse debe primero leer, y después viajar para rectificar lo que ha aprendido" (Giacomo Casanova)

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mercredi 25 janvier 2017

Visitas a otros centros /Visite d'autres centres (2)


Nous faisons plus ample connaissance avec le père de Javier, Crusillo, connu pour être un chaman expérimenté. Autrefois, il était agriculteur mais la gigantesque propriété a été intégrée au périmètre de l'aire de conservation de la Cordillera Escalera. Par conséquent, ils ont développé l'écotourisme, réforesté une partie de la propriété (d'autres gardent les traces de l'exploitation passée du site) et reçoivent des animaux en vue de les réintroduire. Il nous parle de son travail ici, du futur qu'il envisage pour ce lieu et de la responsabilité que cela induit pour ses descendants. Une balade prometteuse nous attend le lendemain en sa compagnie.
Una vez allí, conocemos al padre de Javier, el señor Crusillo, sabio chamán de esta comunidad.  Antaño el Sr. Crusillo era agricultor pero la gran propiedad fue integrada al perimetro del área de conservación Cordillera Escalera. Por consiguiente, desarrollaron el ecoturismo, reforestaron una parte de la propiedad (algunas zonas mantienen la huella de la antigua  explotación) y reciben animales con el objetivo de  la reintroducción. Nos habla de su labor aquí, del futuro que augura a este lugar y de la correspondiente responsabilidad que portan sus descendientes. Una prometedora ruta  nos espera al día siguiente acompañados por este portento de la naturaleza.

Il charge sa pipe, l'allume et exhale de denses bouffées de fumée ; les mauvais esprits s'écartent de notre chemin et les arbres s'en voient protégés. Ainsi nous ouvre-t-il la voie, nous présentant les différentes espèces qui se dévoilent à nous. Marina écoute merveillée ses explication sur les plants médicinales omniprésentes et autre fois utilisées à leur juste valeur. À 80 ans, ce viel homme a un physique incroyable et pas une once de graisse sur sa carrure chétive. Il mairie la machette avec une présicion sans faille, fruit d'une vie d'entrainement. Il profite de la balade pour débrousiller le sentier et couper des troncs d'arbres morts en travers de notre passage. Nous empruntons un itinéraire différent de celui de la veille pour nous diriger vers des cascades qu'ils souhaitent montrer aux touristes de passage. Nous observons un colibri, un phasme, une perdix énormes s'enfuyant en courrant à notre arrivée, des nombreux papillons, grénouilles... Le potentiel du site est élevé mais ce type de fréquentation pourrait bien menacer la tranquillité et la sérénité qui le caractérisent.
Carga su pipa, la enciende y exhala densas bocanadas de humo. Los malos espíritus son ahuyentados de nuestros caminos, y los árboles de nuestro alrededor están ahora protegidos. Y, así, nos va abriendo camino y presentando las diferentes especies que van apareciendo. Marina escucha fascinada sus explicaciones sobre las plantas medicinales omnipresentes y otrora utilizadas en su justa medida.  A sus 80 años, el anciano conserva un físico envidiable, su escuálida compexión no excede un solo gramo de grasa. Aprovecha el paseo para despejar el sendero cortando los troncos que bloquean nuestro paso; maneja el machete con una precisión suprema, fruto de una vida de práctica. Realizamos un itinerario diferente al del día anterior, esta vez nos dirigimos a una impresionante cascada. Vimos un colibrí, un fásmido (o insecto palo), una perdiz enorme que, a nuestra llegada, huyó despavorida,  numerosas mariposas, ranas... El potencial turístico de este lugar es muy alto, así como amenazador para la tranquilidad y serenidad que lo caracteriza. 








































En pretant bien l'oreille ;) /Prestando bien atención ;)












Fourmis champignonnistes à l'oeuvre pour alimenter leurs champignons qu'elles cultivent sous terre/
Hormigas tejedoras en plena labor para alimentar a los hongos que cultivan bajo tierra
Nous arrivons à la cascade Maray-rumi (pierre plate) en forme de toboggan où, malgré la fraîcheur de l'eau, Valentin cède sous les encouragements du vieil homme ; il se déshabille et se laisse glisser sur l'énorme roc poli par l'écoulement de l'eau pour atterrir dans un bassin naturel. Nous partageons des yucas et de la chicha artisanale (boisson fermentée à base de maïs) tirées de la besace avant de faire demi-tour. Notre guide nous explique comment il aimerait valoriser cet endroit auprès des touristes puis nous faisons demi-tour. Sur le chemin du retour, nous apercevons furtivement de grosses perdrix grises qui fuient à notre approche et on rencontre pour la seconde fois une magnifique petite grenouille dont nous aurions dû nous garder de trahir la présence auprès de Crusillo. En effet il nous explique qu'il y en a de moins en moins près du campement, raison pour laquelle il décide de l'enfermer dans une boîte d'allumettes pour la libérer à notre retour dans une plante gorgée d'eau...
Llegamos a la cascada Maray-rumi (piedra plana) en forma de tobogán, donde, a pesar del frío, Valentin cede ante los ánimos del anciano. Sin dudar, se desviste y se deja deslizar por la extensa roca pulida por la erosión del agua y acaba zambulléndose en la poza siguiente. Compartimos pedazos de yuca y chicha artisanal (bebida fermentada de maíz que ya probamos con Orlando). Continuamos con el paseo, nuestro guía nos va explicando cómo le gustaría adaptar este lugar, contemplando la posibilidad de crear instalaciones para facilitar el paso de los turistas. De regreso vemos grandes perdices grises que huyen fugaces al acercarnos y encontramos por segunda vez una magnífica ranita; lamentamos habérselo dicho, pues con aire decidido la captura y la guarda provisionalmente en una improvisada jaula (caja de cerillas). Argumenta que aquí, en el bosque, la población de esta especie es muy abundante, mientras que más cerca de su casa han ido disminuyendo por lo que cada vez que encuentra, las captura y las libera en unas charquitas que se forman en las plantas en torno a su hogar.

Nous faisons nos adieux à toute la famille (Marina reçoit un dessin improvisé de la part d’une enfant) et les remercions pour ces fantastiques moments de partage et de découverte passés en leur compagnie. A notre demande, le patriarche nous emmène visiter le dénommé Centre d'Investigation et de Tourisme La Diversidad, nous prévenant à plusieurs reprises des conditions de captivité lamentables dont font objet les animaux qui ont le malheur de tomber ici. Deux hommes en charge du centre nous font l'amabilité de nous recevoir et de nous guider pour nous présenter les caractéristiques du lieu et les installations dédiées aux animaux.
Nos despedimos de toda la familia (la menor de los nietos le hace un improvisado dibujo a Marina), y les agradecemos por todos los momentos (¡y conocimientos!) que compartieron con nosotros. Pedimos a Crusillo visitar el llamado Centro de Investigación y turístico La Diversidad. Por suerte ya nos avisaron varias veces del lamentable estado de los animales que tuvieron la desgracia de acabar aquí. Dos hombres encargados del centro nos reciben amablemente y aceptan guiarnos y explicarnos las características del lugar, las instalaciones y los animales.

La visite de cet endroit, qui appartient à l'université de San Martín, nous a tout simplement horrifiés. Jamais il ne nous avait été donnés de voir des animaux retenus dans des conditions de captivité aussi abominables. Les cages sont minuscules et la plupart des animaux évoluent sur un sol de sable ou de béton, conditions on ne peut plus éloignées de leur environnement naturel. Sans parler de l'alimentation, certains individus nous paraissant sous-nutris comme les fameux oncilles ou chat-tigre (Leopardus tigrinus).
La visita de este lugar, que pertenece a la universidad de San Martín, nos ha simplemente horrorizado. Nunca hemos llegado a ver animales retenidos en unas condiciones de cautividad tan abominables. Las jaulas son minúsculas y la mayoría de los animales se encuentra sobre un suelo de arena o cemento, condiciones que no pueden alejarse más de su entorno natural. Por no hablar de la alimentación, viendo individuos increíblemente desnutridos como es el caso de los famélicos tigrillos (Leopardus tigrinus).















Perroquet / Guacamayo

Sarcoramphe roi (Sarcoramphus papa) à l'étroit dans sa volière/
Zopilote rey o Cóndor de la selva  (Sarcoramphus papa) en su limitada pajarera






































L'intention du parc zoologique de sensibiliser les habitants, les étudiants ou les touristes à la diversité et à la beauté des espèces indigènes est louable, mais il ne fait nul doute que l'université demeure incapable d'assurer des conditions de vie décentes aux animaux. Ces derniers, sans espace et soumis à un stress évident, ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes, enfermés au milieu d'une réserve qui réunit pourtant des conditions de vie idéales pour ces espèces. Le pire exemple est celui de l'ours à lunettes confiné dans une cage d'une dizaine de mètres carrés avec un sol bétonné et une minuscule baignoire en béton à peine assez grande pour l'accueillir ; une vision qui nous hantera très longtemps. Cette vision nous a brisé le cœur et encouragé à dénoncer de telles pratiques auprès de l'université et des institutions ou associations compétentes en matière de droit animal.
La intención del parque zoológico de concienciar a los habitantes, estudiantes y/o turistas de la diversidad y de la belleza de las especies indígenas es loable, pero no cabe la menor duda que la universidad no es capaz de asegurar unas condiciones de vida decentes a estos desafortunados animales. Estos, sin espacio y sometidos a un estrés más que evidente, no son ni la sombra de ellos mismos, encerrados en medio de una reserva que reúne, irónicamente, las condiciones de vida ideales para estas especies. El peor ejemplo es el del oso de anteojos confinado en una jaula de unos 10 metros cuadrados con un suelo de hormigón y una mísera bañera también de hormigón en la que apenas cabe. Esta imagen nos ha roto el corazón y animado a denunciar tales prácticas.

Il n'y aurait aucun intérêt pour des étudiants d'étudier le comportement de ces individus ; leur montrer un reportage animalier ou une exposition mettant en scène des animaux empaillés dans des dioramas réalistes serait bien plus constructif car représentatif du mode de vie de ces espèces. En outre, aucun panneau ne donne d'informations sur les menaces pesant sur ces espèces ou sur les actions envisageables pour préserver leurs populations sauvages, la pédagogie demeurant l'un des principaux arguments défendus par les parcs zoologiques.

No hay ningún interés para los alumnos de estudiar el comportamiento de estos individuos; mostrarles un documental o una exposición poniendo en escena animales disecados representando escenas realistas sería mucho más constructivo, pues representaría el modo de vida de estas especies. Además, no hay ningún cartel proporcionando información sobre las amenazas que padecen las especies, o sobre su modo de vida, ni sobre las acciones viables para preservar sus poblaciones salvajes; siendo la pedagogía el principal argumento a favor de la existencia de los parques zoológicos.
Toucan tocard (Ramphastos ambiguus) / 
 Precioso tucán de pico negro o tucán guarumero  (Ramphastos ambiguus)

Pacarana (Dinomys branickii), rongeur pesant une dizaine de kilos/
Pacarana (Dinomys branickii), roedor que supera los 10 kg




L'enclos des pumas (Puma concolor)... / Jaula de los pumas (Puma concolor)...





















... et la cage de béton et d'acier de l'ours à lunettes (Tremarctos ornatus), une horreur sans nom/
... y la jaula de cemento y acero del oso de anteojos (Tremarctos ornatus), un auténtico infierno


Il s'avère que Lenin a déjà réalisé une vidéo dénonçant les conditions de captivité des animaux enfermés au centre La Diversidad mais qu'elle n'a provoqué aucune réaction de la part de l'université de San Martín (https://www.youtube.com/watch?v=HH9EB-BCjz0). Afin d'essayer de leur venir en aide, nous décidons de contacter l'université ; toujours sans réponse de leur part, il ne nous reste qu'à essayer de contacter les organisations compétentes en la matière ainsi que les autorités péruviennes. Quoi qu'il en soit on ne ressort pas indemne d'une telle expérience, un sentiment de honte et d'impuissance nous prend aux tripes. L'homme oublie qu'il n'est qu'une espèce parmi d'autres et que chacune devrait avoir droit au même degré de considération. Non content de s'entasser entre congénères dans des prisons et des rames de métros, l'Homo sapiens ne se prive pas de réserver un sort pire encore à ses cousins du règne animal...
L'homme a peu de chances de cesser d'être un tortionnaire pour l'homme, tant qu'il continuera à apprendre sur l'animal son métier de bourreau (Marguerite Yourcenar)
Al parecer, Lenin ya realizó un vídeo denunciando las condiciones de cautividad de los animales del centro La Diversidad, pero no alcanzó a provocar ninguna reacción por parte de la universidad (https://www.youtube.com/watch?v=HH9EB-BCjz0). Con el objetivo de ayudar a estos animales, nos hemos puesto en contacto en primer lugar con la Universidad de San Martín ; al no obtener respuesta alguna pasaremos a contactar los organismos competentes en la materia y las autoridades peruanas. En cualquier caso, no salimos indemnes de dicha experiencia, un profundo sentimiento de vergüenza e impotencia nos recome por dentro. El ser humano a menudo olvida que es una especie más, y que cada una debería tener derecho al mismo grado de consideración. No basta con confinarse entre congéneres en cárceles, o simplemente en ciudades, el Homo sapiens no se abstiene de adjudicar un destino aún peor a sus primos del reino animal…
El hombre es poco probable que deje de ser un torturador de hombres, mientras siga aprendiendo con el animal su profesión de verdugo (Marguerite Yourcenar)

La visite s'achève par une immense balançoire fixée aux plus hautes branches d'un arbre, ce qui a le mérite de nous remonter momentanément le moral. Nous repartons ensuite à Tarapoto le vieil homme à bord d'un camion ; sa femme et lui nous font visiter leur vétuste propriété mais nous insistons pour repartir en moto-taxi car Lenin et Ghina nous attendent chez eux.
El recorrido termina con un graaaan columpio atado a las más altas ramas, lo que consigue levantarnos momentáneamente el ánimo. Continuamos nuestro camino hacia Tarapoto, subimos en un camión aún con el señor Crusillo, su mujer y él nos enseñan brevemente su vetusta casa pero insistimos en irnos (¡en mototaxi! J ) pues Lenin y Ghina nos esperan en su casa.


Une balançoire suspendue de trèèèèèèès haut /
Columno en las alturas
Pour finir, nous vous invitons à regarder cette jolie vidéo réalisée par Lenin sur la réserve écologique de Cerro Verde
Os invitamos a ver este bonito vídeo realizado por Lenin, sobre la reserva ecológica de Cerro Verde:






Visita a otros centros / Visites d'autres centres (1)

De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ?
De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages,
Aux sources, à l'aurore, à la nuée, aux vents ?
De quel droit volez-vous la vie à ces vivants ?
(Victor Hugo)
¿Con qué derecho ponéis aves en pajareras?
¿Con qué derecho quitáis estos cantantes de las arboledas,
de las fuentes, del alba, de las nubes, de las corrientes?
¿Con qué derecho robáis la vida a estos seres vivientes?
(Victor Hugo)


Une fois redescendus de la déjà familière Cordillera Escalera, nous décidons de rejoindre Tarapoto à pied. Après une heure passée à décliner les propositions des moto-taxis, nous arrivons chez Lenin et Ghina, où un accueil chaleureux nous attend une fois de plus. On déjeune au restaurant végétarien « Bambú », géré par un couple de… madrilènes ! Ils ont tout quitté pour offrir un cadre de vie plus agréable et enrichissant à leur nouveau-né. Ils nous disent du bien d’Anabel et Brendan, qui ont logé ici même avant le bénévolat.
Descendemos de la ya familiar Cordillera Escalera y nos decidimos a ir a Tarapoto a pie. Tras una hora rechazando varios mototaxistas, llegamos a casa de Lenin y Ghina donde nos espera de nuevo una cálida acogida. Comemos en un restaurante vegetariano llamado « Bambú »,  gestionado por una pareja de… Madrid! Decidieron dejarlo todo atrás para dar a su recién nacido un ambiente más agradable y enriquecedor donde crecer. Nos hablaron maravillas de nuestros amigos Anabel y Brendan que, al parecer, se hospedaron aquí antes de realizar el voluntariado.

Le lendemain, nous laissons des affaires chez Lenin et suivons les conseils de Javier, le compagnon de travail d’Orlando. Nous partons pour Cerro Verde, où toute sa famille travaille au cœur de la nature. Il en a profité pour nous confier une lettre émouvante à l’attention de sa mère, qu’il n’a pas revue depuis son départ ; il ne sait pas quand il la reverra et compte sur nous pour la lui transmettre.
Al día siguiente, dejamos algunas cosas aún en casa de Lenin y seguimos los amables consejos de Javier, el compañero de Orlando. Nos dirigimos hacia Cerro Verde, donde convive toda su familia trabajando en plena naturaleza. Nos escribió emocionado una carta que entregaremos a su madre a quien no ve desde hace varias semanas y no sabe aún cuándo será la próxima vez.

On passe par le marché pour acheter de quoi manger les prochaines jours (nous et les animaux !) et on roule un bon quart d’heure à bord d’un moto-taxi pour retrouver le jeune de la famille Fasabi, vice-président de l'association avec qui nous partons pour la réserve naturelle de Cerro Verde. On attend de longues minutes au bord de la route avant de monter dans la benne d’un camion pour nous retrouver serrés comme des sardines entre les passagers et leurs montagnes de bagages, poules et autres marchandises en tous genres. Tandis que nous gravissons la montagne, des trombes d’eau nous tombent dessus façon pluie tropicale. Arriver à pied jusqu’à l’entrée de la réserve s’avère laborieux car le sentier forestier compte de nombreuses marches et d’énormes flaques ralentissent notre progression.
Pasamos por el mercado para comprar comida (para los animales humanos y no humanos) antes de encontrarnos con el joven  de la familia Fasabi, vice-presidente de la asociación para ir juntos a la reserva natural de Cerro Verde. Esperamos largos minutos al borde de la carretera y nos montamos en un camión descapotable cual sardinas en lata entre los demás pasajeros y las montañas de bolsas, gallinas y otras mercancías. Al ascender por la montaña, una tromba de agua nos cae encima en modo de lluvia tropical. Llegar a pie hasta la entrada de la reserva se vuelve laborioso, pues el camino forestal consta de numerosos escalones y los enormes charcos ralentizan nuestro progreso.

La famille est presque au grand complet pour nous donner la bienvenue autour d’un café, du pain, du fromage et des bananes plantains cuites. Le jeune nous fait visiter le centre et nous présente leur travail et les différentes installations où ils placent les animaux sauvages récupérés en attente de leur réintroduction. Nous observons plusieurs individus de titis du río Mayo (Callicebus oenanthe) venus réclamer leur ration de nourriture avant de repartir aussi sec en direction de la forêt. Cette espèce endémique du Pérou compte tristement parmi les 25 espèces de primates les plus menacées au monde. 
Tout en ayant la même vocation, les différences entre leurs méthodes et celles d’Orlando nous sautent aux yeux. D'après leurs explications, ils cherchent à minimiser les contacts avec les animaux afin que ces derniers regagnent la forêt au plus vite, souvent quelques semaines seulement après leur arrivée. 
La familia (casi) al completo nos da una grata y humilde bienvenida y comparten la merienda de queso con pan y plátano verde y café con nosotros. El joven nos enseña rápidamente el centro y nos explica cómo trabajan ellos y  las distintas instalaciones de los animales salvajes recuperados a espera de ser reintroducidos. Vemos brevemente varios individuos de tocón colorado (Callicebus oenanthe) que vienen a por su ración de comida y parten ansiosos de nuevo a la selva profunda. Esta especie endémica de Perú se encuentra tristemente entre las 25 especies de primates más amenazadas del mundo.  
A pesar de desempañar el mismo papel, enseguida saltan a la vista las diferencias entre su modo de trabajar y el de Orlando. Según nos explican, su método se centra en limitar al máximo la intervención humana, reintroduciendo eficazmente numerosos animales en escasas semanas de adaptación y una minoría regresa exclusivamente para alimentarse cuando lo desea.
Infrastructure en cours de construction / Instalaciones en construcción
Parc à tortues/ Recinto de tortugas

Sentier pédagogique/ Sendero pedagógico
Titi du río Mayo/ Tocón colorado


Le soir venu nous dormons dans des lits rustiques au rez-de-chaussée d’une case en terre crue où logent les bénévoles qui les assistent dans leurs tâches (éclaircir les sentiers, nettoyer les locaux, surveiller et s’occuper des animaux secourus, etc).

Au petit matin on se prépare et on reprend des forces avec le petit-déjeuner avant de pénétrer au cœur de la réserve en compagnie de nos guides, les petits-enfants très audacieux de Crusillo Fasabi Tuanama, un vieil homme qui a créé ce sanctuaire et qui veille encore sur ces lieux malgré son grand âge. Ils redoublent d'efforts pour nous raconter les anecdotes et explications les plus originales et les plus curieuses, comme « cet arbre dont la sève sert à la fabrication de divers produits (ballons gonflables, chewing-gums et préservatifs) » , « cette plante dont le fruit s’ouvre pour dévoiler un splendide maquillage rouge carmin » ou encore « l’Ayahuasca, une liane aux pouvoirs chamaniques sacrés ! ». Ils reproduisent des sifflements puissants en imitant le cri d’un oiseau qu’on entendra souvent au long du parcours en soufflant dans la capsule d’une graine ; ils nous en offrent plusieurs pour que nous puissions nous entraîner. Nous ramassons au sol des huayruros, des graines rouges avec parfois une tache noire (les mâles) de l’arbre aussi appelé huayruro (Ormosia coccinea) appartenant à la famille des légumineuses. Les graines rouges et noires étaient déjà utilisées dans les rituels et comme ornements avant l’époque inca. Aujourd’hui, son utilisation est largement répandue au Pérou pour porter chance, éviter les énergies négatives et protéger contre la jalousie celui qui les reçoit en cadeau. On tombe également nez à nez avec un petit iguane repéré par le plus petit des enfants, dont le regard est déjà incroyablement affûté ; la troupe évolue ici chez elle. Un instant plus tard ce sont deux engoulevents que nous admirons pendant plusieurs minutes à quelques mètres devant nous. Très (trop ?) confiants en leur plumage mimétique, ces oiseaux aux mœurs nocturnes misent sur leur immobilisme pour passer inaperçus auprès de leurs prédateurs.
La forêt est une mosaïque de micro-climats qui ne cesse d'offrir de surprises au visiteur attentif.


Dormimos en unas camas rústicas en la planta baja de una casita de barro donde se suelen alojar los voluntarios que les asisten en las diferentes tareas (barrer y despejar los caminos, limpieza, cuidado y vigilancia de los animales rescatados...).

Al amanecer nos preparamos, reponemos fuerzas con el desayuno y nos encaminamos hacia la reserva con el privilegio de ser guiados por los nietos extraordinariamente audaces de Crusillo Fasabi Tuanama, el anciano que ha creado este santuario y que vela aún en este lugar a pesar de su avanzada edad. Compiten entre sí por contarnos las anécdotas y explicaciones más originales y curiosas, “de la savia de este árbol se producen diversos productos bien conocidos en vuestro mundo como los globos, los chicles y los preservativos”, “la sustancia del interior de este fruto sirve como un espléndido maquillaje rojo carmín”, ”ésta es la hoja de la ayahuasca, una liana con sagrados poderes chamánicos”. Reproducen potentes silbidos imitando el canto de un ave que oiremos frecuentemente a lo largo del recorrido soplando en la cápsula de una semilla; nos regalan varios para que vayamos practicando también. Recogemos huayruros del suelo, es una semilla de color rojo intenso  a veces con una mancha negra (las macho) del árbol también llamado huairuro (Ormosia coccinea) que pertenece a la familia de las leguminosas. Se usa sobre todo las semilas rojinegras para los rituales y la mayoría de ornamentos desde tiempos pre-incas. Hoy en día su uso está bastante difundido en Perú por proporcionar suerte, evitar las energías negativas y proteger contra la envidia a quien la recibe como regalo. Nos encontramos también con una iguana, que la repara el más chiquitín de todos los niños con el ojo bien adiestrado. Al rato, localiza también un chotacabras agazapado a escasos metros en mitad del camino. Muy (¿demasiado?) seguras de la efectividad de su plumaje mimético, estas aves nocturnas permanecen inmóviles para pasar desapercibidas por sus depredadores. 
La selva es un mosaico de micro-climas que amenaza constantemente con sorprender al ojo observador.

Capsule de graines faisant office de sifflet/ 
Cápsula de las semillas-silbato

Graine porte-bonheur, souvent vendue aux touristes sous forme de bijoux / Semilla de Huayruro de la suerte, utilizada en bisutería.

Une partie de la forêt était auparavant exploitée pour produire de la canne à sucre et des arbustes ; aujourd'hui la nature reprend ses droits/ Una parte del bosque era explotada para producir azúcar de caña; hoy, la naturaleza retoma su lugar.
Arbre à latex/ Árbol de látex

Morpho bleu/ Morfo azul



Beauté reptilienne

Engoulevent au milieu du chemin/ Chotacabras en mitad del camino



La forêt est exceptionnelle et les enfants ont hérité des connaissances de leur grand-père, chaman et fin connaisseur des plants médicinales. Au terme de nombreux sourires et de moments riches en discrétion et en surprise, nous arrivons sur un vaste promontoire rocheux  pour profiter d’un paysage invraisemblable; les montagnes nous encerclent et l’immensité de cet océan vert est à couper le souffle. Ce mirador surplombe les 50 hectares de forêt conservées par la famille et de l'autre côté, la ville de Tarapoto. Là-haut, le vent décoiffe et règne en maître. Ou presque, car quelques espèces de plantes, mousses et autres lichens ont développé des stratégies d’adaptation à ces vents qui balayent et assèchent. L’envie nous prend de sauter, crier et profiter de la liberté et de la force que véhicule ce lieu…
La selva es excepcional y los niños han heredado la sabiduría de su abuelo, chamán y gran conocedor de plantas medicinales. En definitiva, entre risas, momentos de máximo sigilo y sorpresa,  acabamos llegando a un gran promontorio rocoso donde disfrutamos de un paisaje inverosímil; las montañas nos rodean, la infinidad del mar verde corta la respiración. Este mirador domina las 50 hectáreas de selva conservadas por la familia y por el otro lado, la ciudad de Tarapoto. Ahí arriba el viento juega con nuestro pelo con una fuerza imbatible -o no, algunas especies de plantas, musgos y líquenes han desarrollado estrategias de adaptación a estos vendavales. Nos dan ganas de saltar, chillar, disfrutar de la libertad y de la fuerza que fluye en este lugar...



Lichen/ Líquen

Les enfants sont aux anges / 
Felices cual perdices







Lichens / Liquenes


Le vent de la liberté ! / ¡El viento de la libertad!
Fougères/ Helechos




Il est déjà l’heure de rebrousser chemin vers la « maison ». Le retour offre d'autres surprises, comme si nous marchions avec un regard neuf, il s’attarde sur d’autres détails, en particulier l’incroyable diversité de formes et de couleurs des différentes écorces d’arbres présents dans cette forêt : du camouflage militaire à l’écorce rose en passant par les épines ou les motifs de cœur, une véritable galerie d’art naturelle s’offre à nous. Il y a aussi les « fleurs qui embrassent », des arbres aux racines immenses de notre taille (« L’arbre qui marche » - jusqu’à un mètre par an ! -, Socratea exhorriza), ou encore les troncs qui semblent léviter parallèlement au sol… Il faudrait plus d'une vie pour connaître toutes les richesses de cette forêt, hors des rares sentiers battus empruntés par la famille. Ici l’imagination prend corps, il s’avère difficile de faire la différence entre rêve et réalité.

Ya es hora de regresar a "casa". De camino, la atención se centra en otros detalles, haría falta más de una vida para conocer todas las riquezas de esta selva más allá de los raros caminos utilizados por la familia. Los propios árboles parecen exhibir unos colores y formas cada vez más singulares; visitamos una verdadera exposición de arte natural. Cortezas de estampados militares, de corazones, con espinas o simplemente… ¡rosas!, largas raíces de nuestra estatura (« Árbol que camina » –¡hasta un metro al año! - Socratea exhorriza ), flores que lanzan besos, troncos que levitan paralelos al suelo... Aquí la imaginación cobra sentido, resulta difícil diferenciar entre fantasía y realidad.
Camouflage/ Camuflaje

Chevelure / Peluca vegetal






























Etreinte/ Abrazo

Un arbre couvert de cœurs/ Árbol cubierto de corazones
































Blanc comme neige/ Blanco como la nieve

Plante à bisous / Planta besucona

D'étonnants arbres montés sur échasses / 
Asombrosos árboles sobre zancos














Des formes végétales hors du commun/
Formas vegetales poco comunes...




Roucou (Bixa orellana) dont les graines peuvent être utilisées comme maquillage /
Semillas que sirven de maquillaje

Arlequin/ Arlequín


Cuisine / pièce commune en bois et feuilles de palmier/
Cocina y sala común en madera y hojas de palmera

Notre habitation / Nuestra casita :)

Le gardien de la forêt / 
El guardián de la selva